En 1970 : la qualité de la Seine est plus que médiocre
Du fait de l’augmentation de la population, les volumes d’eaux usées rejetées sans traitement n’ont cessé de croître jusqu’au début des années 1970.
À Poissy, ville située 15 km après le rejet de l’usine Seine Aval dans les Yvelines, les eaux étaient de mauvaise qualité, certains n’hésitant pas à qualifier alors la Seine de « presque biologiquement morte », le milieu aquatique souffrant d’un manque chronique d’oxygène du fait de l’intensité des rejets permanents.
1970 à 1990 : la qualité du fleuve s’améliore grâce à la montée en puissance de l’assainissement francilien
À partir de 1970, date de la création du SIAAP, on assiste à une augmentation considérable de la capacité de traitement, principalement induite par la construction de nouveaux équipements à Seine Aval.
À partir de 1985, le rendement du système d’assainissement atteint 70 % pour la demande biologique en oxygène (DBO5), ce qui permet une nette amélioration de la qualité de l’eau à l’aval de l’agglomération parisienne.
Mais la situation reste encore trop dégradée pour maintenir un bon niveau d’oxygénation dans la rivière, rendant vulnérables les populations piscicoles.
1990-2015 : la généralisation du traitement complet des eaux usées dans les usines du SIAAP marque une étape décisive dans la reconquête de la Seine
En 1991, la Directive européenne sur les eaux résiduaires urbaines (DERU), relayée par la Directive cadre sur l’eau (DCE), a impulsé un second souffle à l’assainissement. Les investissements, étalés sur près de 25 ans, ont permis de parachever le traitement de la matière organique, mais surtout de traiter l’azote et le phosphore.
En 2013, à la suite de vagues d’investissements successives engagées par le SIAAP, 98 % du volume d’eau généré dans le système d’assainissement a subi un traitement en usine d’épuration. La qualité de l’eau de rivière vis-à-vis de la matière organique devient excellente. La généralisation, sur toutes les usines d’épuration du SIAAP, du traitement de l’ammonium et du phosphore a également permis de réduire de façon considérable le rejet de ces nutriments dans la rivière.
2015 – 2026 : la Seine retrouve sa qualité sanitaire
Dans le cadre du Plan Qualité de l’eau et Baignade mis en place en 2016 dans la perspective des Jeux olympiques et paralympiques 2024, le SIAAP est intervenu à la fois pour garantir la qualité sanitaire de l’eau par temps sec (désinfection des rejets d'eaux traitées des usines d'épuration) et l’améliorer en temps de pluie (ouvrages de stockage).
Le SIAAP a ainsi assuré la construction et le financement de plusieurs ouvrages majeurs qui renforcent pour les cinquante prochaines années la performance, la robustesse et la résilience du système d’assainissement francilien: le collecteur VL8 (9 km de long, 3 m de large, capacité de stockage de 51 000 m3), un tunnel en siphon sous la Marne, un bassin de stockage-restitution à l’usine Marne Aval (93). De nouveaux systèmes innovants de désinfection des eaux traitées, par acide performique à l’usine Seine Valenton (94) et par ultraviolet à l’usine Marne Aval, ont également vu le jour.
Grâce à plus de 50 ans d’investissements, de recherche et d’amélioration continue de la performance du système d’assainissement, le SIAAP protège toujours mieux le milieu naturel et sa biodiversité. La qualité de la Seine n’a jamais été aussi bonne depuis 50 ans !
Le SIAAP, engagé au service de l’eau.
Pour en savoir plus : consulter l’ouvrage « La Seine et les progrès de l’assainissement francilien »

