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DERU 2 : le SIAAP juge sous-estimé le coût de la mise en conformité

La révision de la directive européenne sur le traitement des eaux résiduaires urbaines (DERU 2) adoptée en 2024, en cours de transposition, ouvre de nouveaux défis pour le secteur de l'assainissement, notamment techniques et financiers. Ainsi, l'étude du SYNTEAU publiée en février 2026 (Nouvelle règlementation européenne sur le traitement des eaux usées : l'ampleur du défi pour la France - Synteau) chiffre à 10 milliards d'euros les investissements nécessaires à l'échelle nationale sur les 20 prochaines années. Le SIAAP, dans une interview accordée à Environnement Magazine (DERU 2 : pourquoi le SIAAP juge sous-estimé le coût de la mise en conformité - Environnement Magazine), appelle à la prudence quant au secteur francilien pour lequel les enjeux sont nombreux et juge sous-estimés les coûts annoncés par le SYNTEAU.

 

Les points clés :

·        Le renforcement du traitement de l'azote et du phosphore nécessitera des investissements lourds sur les trois plus grandes usines du SIAAP (Seine Aval, Seine Grésillons, Seine Valenton). Ces investissements, estimés à plusieurs centaines de millions d'euros, doivent permettre d'augmenter la capacité de dénitrification biologique (ajout de bassins, déploiement de filières de biofiltration), alors même que les rivières franciliennes ont atteint leur meilleur état depuis 50 ans et sont (ou tangentent) d'ores et déjà le "bon état physico-chimique" conformément aux objectifs européens. Aussi, les investissements supplémentaires n'auront qu'un impact minime sur la qualité des rivières franciliennes.

·        La mise en place d'un traitement des micropolluants est chiffrée par le SIAAP à plus d'un milliard d'euros. Cependant, ces traitements sont confrontés à une réalité opérationnelle puisqu'ils devront s'intégrer dans des usines au foncier déjà très contraint. Ainsi, dans une optique de rationalité, il apparait nécessaire pour le SIAAP que le dimensionnement de ces nouvelles filières de traitement se fasse sur le temps sec uniquement.

·        Ces investissements doivent se faire dans le cadre d’un calendrier stratégique soutenable et pour cela :
- cibler en priorité les territoires où les bénéfices environnementaux seront les plus importants,
- s'assurer
 de la soutenabilité financière par la mise en place effective des recettes attendues concernant le traitement des micropolluants (responsabilité élargie du producteur)


Pour le SIAAP, ces attendus impliquent de viser une mise en conformité à 2039 (traitement azote et phosphore) et 2045 (traitement micropolluants et neutralité énergétique).

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