Le point sur les boues d’épuration du SIAAP valorisée en agriculture : elles constituent un fertilisant faiblement contributeur en cadmium et qui reste conforme aux recommandations sanitaires actuelles.
5 % : la part des boues d'épuration dans les apports en cadmium d'origine fertilisante
Si cette étude pointe du doigt les matières fertilisantes comme vecteur principal d'accumulation de ce métal lourd, elle établit une hiérarchie claire entre les différentes sources. En France, les matières fertilisantes représentent en moyenne plus de 80 % des apports en cadmium aux sols agricoles. Les engrais minéraux phosphatés en constituent la première source, à hauteur de 55 %, suivis des effluents d'élevage pour 25 %, puis des boues et composts pour seulement 5 %. Les boues d'épuration ne représentent donc qu'une fraction résiduelle des apports en cadmium.
Les boues d'épuration parmi les fertilisants les moins contributeurs en cadmium
Les boues de Seine Aval du SIAAP destinées à l’épandage présentent des teneurs en cadmium de l’ordre de 15 à 20 mg Cd/kg P₂O₅ (données 2021–2025*). À titre de comparaison, les engrais phosphatés minéraux commercialisés en Europe présentent couramment des teneurs comprises entre 20 et 60 mg Cd/kg P₂O₅.
Le règlement (UE) 2019/1009 fixe d’ailleurs un plafond réglementaire de 60 mg Cd/kg P₂O₅ pour les engrais phosphatés minéraux mis sur le marché européen, reconnaissant explicitement que ces engrais constituent une source majeure d’apport de cadmium aux sols agricoles. Sur le plan sanitaire, l’ANSES recommande de ne pas dépasser un flux d’apport de 2 g de cadmium par hectare et par an, ce qui correspond, à phosphore apporté équivalent, à des teneurs inférieures à 20 mg Cd/kg P₂O₅, afin de limiter l’accumulation du cadmium dans les sols et son transfert vers la chaîne alimentaire.
Aussi, à phosphore apporté équivalent, le cadmium contenu dans les boues du SIAAP est 3 à 4 fois inférieur au plafond réglementaire européen applicable aux engrais phosphatés minéraux (60 mg Cd/kg P₂O₅), et inférieur ou égal au seuil recommandé par l’ANSES (20 mg Cd/kg P₂O₅),
Les boues du SIAAP : un suivi rigoureux, une filière certifiée
Le SIAAP, qui produit et valorise auprès de la filière agricole les boues issues de sa station d'épuration Seine Aval à Achères, s'inscrit depuis de nombreuses années dans une démarche d'amélioration continue de la qualité de ses boues.
L’usine Seine Aval du SIAAP produit environ 100 000 tonnes de boues (en matière brute) par an, dont 75 000 à 90 000 tonnes de boues thermiques, les seules à pouvoir faire l’objet d’une valorisation agricole. Ces dernières sont soumises à un suivi réglementaire défini par l’arrêté ministériel du 08/01/98 modifié le 15/09/2020 qui impose pour les sept métaux surveillés dans les boues d'épuration — dont le cadmium — une teneur maximale qui ne doit pas être dépassée.
Chaque semaine, les boues thermiques produites par Seine Aval sont analysées par un laboratoire accrédité COFRAC. Ce dernier réalise 52 analyses par an, au-delà du minimum réglementaire de 24 analyses. Une fois leur conformité confirmée, les boues sont destinées à la valorisation agricole par épandage direct ou par compostage. Les boues non conformes sont, quant à elles, dirigées vers une Installation de Stockage de Déchets Non Dangereux (ISDND).
En parallèle de ce suivi rigoureux, une démarche de certification de services appelée Qualicert a été obtenue en 2004 pour faire valoir la traçabilité de la filière d’épandage des boues de Seine Aval. La certification a été renouvelée le 21 août 2023 pour une durée de 3 ans. Les audits annuels successifs confirment depuis lors la qualité du service, le dernier en date, réalisé en juin 2025, n’a relevé aucune non-conformité.

